Pour chiffrer une recette, additionnez le coût de chaque ingrédient à son prix net (portion utilisable), puis divisez par le nombre de portions que la recette donne. Une préparation qui utilise 12,40 € d'ingrédients et donne 8 assiettes coûte 1,55 € l'assiette. Ce coût à la portion, c'est le chiffre sur lequel reposent votre coût matière, votre prix de vente et votre marge.
L'addition est triviale. Ce qui fait dérailler le calcul, ce sont trois choses en dessous : des ingrédients chiffrés au prix d'achat brut plutôt qu'au prix net, des sous-recettes et de la mise en place qu'on ne chiffre jamais, et des prix d'achat qui dérivent dès qu'on a le dos tourné. Corrigez-les et le chiffre tient ; ratez-les et tout ce qui en découle est faux en silence.
Chiffrez un plat et voyez son coût matière
Coût matière, prix ex-taxe et ratio cible — outil gratuit, sans inscription.
La formule du coût de revient d'une recette
Coût de la recette = somme des coûts nets de chaque ingrédient. Coût à la portion = coût de la recette ÷ rendement (nombre de portions). C'est tout — mais chaque ligne d'ingrédient doit être le vrai coût de la quantité réellement utilisée, pas le prix de la facture.
Exemple — une bolognaise : 2 kg de bœuf haché à 9 €/kg = 18,00 €, 400 g de soffritto (à partir de 3,20 € de légumes, 90 % utilisable = 3,56 €), 800 g de tomate à 2,10 €/kg = 1,68 €, 200 ml de vin rouge à 8 €/750 ml = 2,13 €, herbes et assaisonnement 0,90 €. Total : 26,27 €. La préparation donne 12 portions. Coût à la portion : 26,27 € ÷ 12 = 2,19 €. Vendez le plat de pâtes 16 € HT et le coût matière est de 13,7 % — avant d'oublier le parmesan et le pain.
Chiffrez la portion nette, pas la facture
La plus grosse erreur du calcul de recette, c'est le prix d'achat brut. Vous avez payé le filet de bœuf 24 €/kg, mais vous ne gardez que 80 % après parage — le coût net est de 30 € le kilo dressé. Une botte d'herbes ne donne des feuilles utilisables que sur 60 % des tiges. Un ananas perd 40 à 50 % à la peau et au cœur. Chiffrez la quantité qui arrive dans l'assiette, sinon chaque plat contenant du frais est sous-évalué.
C'est le brut vs net, et c'est pourquoi une recette qui semble coûter 4 € sur le papier peut en coûter 5,50 € en cuisine. L'écart n'apparaît qu'une fois cumulé sur un compte de résultat, des semaines plus tard.
N'oubliez pas les sous-recettes et la mise en place
La mise en place maison n'est pas gratuite. Votre fond, votre soffritto, votre sirop simple, votre demi-glace — chacun est une mini-recette, avec son coût au litre ou au kilo, qui alimente les plats qui l'utilisent. Chiffrez la préparation une fois, puis reportez son coût unitaire dans chaque recette qui s'en sert. Quand le prix d'un ingrédient d'une sous-recette bouge, chaque plat au-dessus devrait se réactualiser — la partie qu'aucun tableur ne suit vraiment.
Le coût à la portion — là où le rendement compte
Vous chiffrez la préparation, mais vous vendez la portion. Divisez le coût de la préparation par le nombre de portions réellement obtenues — et soyez honnête sur le rendement : une sauce réduit, un rôti perd du poids, un gâteau se pare. Surestimez le rendement et vous sous-estimez le coût par assiette. C'est la même rigueur que le coût matière au niveau de la carte : le coût de la recette est l'entrée, le coût matière en pourcentage est ce qu'on en fait.
Le vrai problème : le chiffre se périme
Un coût de recette est une photo des prix d'un jour. Les fournisseurs augmentent, les saisons changent, un format de conditionnement bouge — et le coût calculé en janvier est une fiction en mars. Les études du secteur constatent 3 à 5 % d'écart entre coût théorique et coût réel en cuisine (Restaurant365, MarginEdge), et les coûts de recette périmés en sont une grande part. Chiffrer une recette une fois, c'est facile. Tenir chaque recette à jour, à chaque mouvement de prix, c'est le vrai travail — celui qu'on abandonne dès la deuxième semaine chargée.
Comment methodus chiffre vos recettes automatiquement
methodus construit la fiche technique — grammages, progression, allergènes et un coût en direct — et garde ce coût à jour pour vous. Déposez une facture fournisseur : chaque ligne est lue, vos prix d'achat mis à jour, et chaque recette et sous-recette qui utilise ces ingrédients se recalcule automatiquement. Un chef ou un chef de bar peut dicter une recette en 35 secondes et la fiche sort complète, chiffrée sur vos prix réels.
Le coût à la portion est donc le vrai chiffre d'aujourd'hui, pas une photo de janvier — et le chiffre dont héritent votre coût matière, votre prix de vente et votre marge est enfin le bon. Vous arrêtez de refaire le même tableur chaque mois : ce qui dérivait devient un chiffre sur lequel vous pouvez réellement piloter.
