Le happy hour est un pari sur le volume, et la plupart des établissements le prennent sans connaître la mise. La voici : avec des boissons à 80 % de marge brute (20 % de coût matière), une remise de 25 % fait tomber la marge par verre de 0,80 à 0,55 de l'ancien prix. Pour encaisser la même marge brute, il faut 0,80 ÷ 0,55 — environ 45 % de verres en plus dans le créneau. Pas 25 %. Quarante-cinq. À 30 % de remise, il en faut 60 % de plus. Tout le jeu est là, avant qu'un seul client ne pousse la porte.
Le calcul est plus clément aux marges d'un bar que presque partout ailleurs — un commerçant à 40 % de marge doit presque tripler son volume pour survivre à la même remise. La marge brute épaisse des boissons est exactement la raison d'être du format happy hour. C'est aussi pourquoi il appartient aux chiffres du programme boissons, pas seulement au calendrier marketing.
Quand le pari paie
- Les heures mortes avec un vrai passage devant la porte — les chaises étaient vides ; le volume gagné est presque de la contribution pure
- Des remises sur les articles à faible coût matière — alcools du bar et pression, où même le prix remisé garde 70 % de marge
- L'attache : la moitié de la valeur d'un verre remisé, c'est la deuxième tournée plein tarif et l'assiette commandée à côté
- Un créneau horaire dur, qui finit vraiment — la remise qui déborde sur les heures pleines remise des verres qui se seraient vendus de toute façon
Quand il perd sans bruit
- Remiser des boissons à 30-40 % de coût matière (vin au verre, cocktails premium) — l'équation du volume devient brutale
- Cannibaliser les habitués qui venaient de toute façon — le test, c'est le volume gagné, pas l'affluence
- Les offerts et surdosages qui voyagent avec la promo — l'écart se cache dans les créneaux chargés
- Pas de référence : sans le chiffre normal du créneau, impossible de savoir si la promo l'a battu
Lire le pari dans la caisse
Le verdict tient en trois chiffres par créneau : verres vendus contre la référence du même créneau, marge brute contre référence, et l'attache (articles plein tarif vendus à côté). Au Chat Noir, mon club à Genève, la caisse se synchronise chaque matin contre des recettes chiffrées : la vraie marge brute d'un créneau promo se lit le lendemain — pas au ressenti de fin de mois. N'importe quel rapport de caisse peut s'en approcher ; la discipline, c'est de comparer la marge, pas l'affluence. Une salle pleine au mauvais prix est une façon animée de perdre de l'argent.
Faites le calcul de rentabilité avant chaque promo, mesurez le créneau contre sa propre référence après, et laissez l'arithmétique de la marge — pas l'ambiance — décider si l'ardoise ressort la semaine prochaine.




