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    Affichages obligatoires au restaurant : ce que la loi exige, ce qui reste facultatif

    Par Nathaniel · 4 août 2026 · 7 min de lecture

    Une main épinglant une carte vierge sur un panneau mural sombre, entrée de bistrot chaleureuse, manteaux suspendus

    Les murs d'un restaurant français portent une petite bibliothèque légale : les prix, l'origine des viandes, les allergènes, le logo « fait maison » si vous l'utilisez. L'inspecteur lit ces affichages avant de goûter quoi que ce soit, et les amendes pour affichage manquant sont l'argent le plus évitable qu'un établissement puisse perdre — parce que chaque affichage obligatoire n'est que de l'information que vous avez déjà, montrée au bon endroit. Voici la carte actuelle : l'obligatoire, ce qui a changé récemment, et ce qui reste réellement facultatif malgré ce qu'a dit le commercial.

    Les prix : dehors, dedans, et honnêtes

    L'affichage des prix est l'obligation la plus ancienne et la plus contrôlée : menus et prix visibles de l'extérieur aux heures de service, prix à l'intérieur, boissons affichées avec leur prix. Le point opérationnel n'est pas l'affiche — c'est que le prix affiché est un engagement. Un prix affiché sans connaître son coût par portion est une décision de marge prise à l'aveugle ; le guide de l'ingénierie de menu couvre comment poser des prix qui survivent à leur propre affichage.

    Origine des viandes : étendue aux produits transformés en 2024

    Depuis le décret n°2024-171 (mars 2024), l'obligation d'afficher l'origine des viandes couvre non seulement les pièces entières de bœuf, porc, agneau et volaille servies en salle, mais aussi les viandes utilisées comme ingrédients dans les produits transformés et préparés — le jambon du croque, le poulet des nuggets. Elle s'applique à la restauration commerciale comme collective, sur place, à emporter ou en livraison. Concrètement, vos données fournisseurs alimentent désormais un affichage mural : on ne peut afficher que les origines qu'on suit vraiment, facture par facture. La fiche fournisseur par produit — origine comprise — cesse d'être de la paperasse et devient la source de conformité.

    Allergènes : les 14 INCO, disponibles par écrit

    Les 14 allergènes réglementés doivent être traçables et tenus à disposition des clients par écrit, plat par plat. La façon honnête de tenir ça n'est pas une feuille plastifiée qui se périme — ce sont des données allergènes attachées à chaque recette, mises à jour quand la recette change. C'est exactement le rôle d'une matrice allergènes, et c'est l'affichage que l'inspecteur teste vraiment en demandant un plat précis.

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    « Fait maison » : strictement encadré, et ça vaut le cadre

    La mention et le logo « fait maison » (décret n°2014-797) sont réservés aux plats élaborés sur place à partir de produits bruts, non transformés — avec une courte liste d'exceptions autorisées comme le pain ou la pâte feuilletée. Pas de certification, pas de redevance : le cadre est déclaratif, et la DGCCRF le vérifie contre la réalité de votre cuisine. Si vous le méritez, affichez-le — c'est l'une des rares mentions encadrées qui vend activement. Et parce que tout repose sur brut contre transformé, votre liste d'ingrédients par recette est la preuve : une fiche costée qui nomme chaque intrant est aussi votre dossier « fait maison ».

    Nutri-Score : pas obligatoire au restaurant

    Malgré les titres récurrents, le Nutri-Score est volontaire — en grande distribution comme en restauration. Le programme national nutrition santé en cours (PNNS 2026-2030) prévoit d'expérimenter l'extension de son usage volontaire à la restauration hors foyer, mais il n'existe aujourd'hui aucune obligation d'affichage sur les cartes de restaurant. Si vous choisissez de l'afficher, il faut de vraies données de composition par recette — c'est un choix, pas une échéance légale.

    Le motif : les affichages sont des données de recette, montrées

    Chaque obligation ci-dessus se ramène à la même source : ce qu'il y a vraiment dans chaque plat, d'où ça vient, et ce que ça coûte. Les origines viennent des factures fournisseurs ; les allergènes et le « fait maison » des listes d'ingrédients ; les prix honnêtes des coûts réels par portion. Un établissement qui tient des fiches techniques costées et documentées ne se prépare pas aux contrôles — il est préparé en permanence, parce que les affichages ne sont que des vues de données qui existent déjà. Au Chat Noir, la réponse allergènes à toute question sur un plat, c'est la fiche — pas la mémoire de quelqu'un.

    Questions fréquentes

    Quels affichages sont obligatoires dans un restaurant ?

    Les prix (visibles de l'extérieur aux heures de service et à l'intérieur, boissons comprises), l'origine des viandes — bœuf, porc, agneau et volaille, étendue par le décret 2024-171 aux viandes des produits transformés — l'information écrite sur les 14 allergènes INCO, et le respect du cadre « fait maison » si vous utilisez la mention. Les licences et certains avis s'appliquent au cas par cas ; le Nutri-Score n'est pas obligatoire.

    L'affichage de l'origine des viandes est-il obligatoire pour les produits transformés ?

    Oui — depuis le décret n°2024-171 (mars 2024), restaurants et restauration collective doivent afficher l'origine des viandes utilisées comme ingrédients dans les produits préparés et transformés (jambon, nuggets…), pas seulement les pièces entières. Sur place, à emporter et en livraison. L'exigence pratique est le suivi fournisseur : on n'affiche que ce qu'on enregistre.

    Le Nutri-Score est-il obligatoire sur la carte d'un restaurant ?

    Non. Le Nutri-Score reste volontaire en France, en distribution comme en restauration. Le PNNS 2026-2030 prévoit des expérimentations d'extension de l'usage volontaire à la restauration hors foyer, mais aucune obligation d'affichage sur les cartes n'existe aujourd'hui.

    Qu'est-ce qui rend un plat « fait maison » ?

    Selon le décret n°2014-797, le plat doit être élaboré sur place à partir de produits bruts, non transformés, avec une courte liste d'exceptions permises (pain, pâte feuilletée…). Ni certification ni redevance — la mention est déclarative et contrôlée par la DGCCRF contre votre pratique réelle : vos listes d'ingrédients sont la preuve.

    Nathaniel Gilliand

    Nathaniel Gilliand

    BSc Hospitality Management · Hotel School of Lausanne (EHL)

    Nathaniel is the founder of methodus and a hospitality operator with 20+ years building profitable F&B venues across Geneva and Dubai. A graduate of the Hotel School of Lausanne (EHL), he has launched beach clubs, cocktail bars, and multi-concept venues, and built methodus to solve the recipe documentation and staff training problems he faced firsthand.

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